Chaque vie est constituée d'histoires… Les vôtres m'intéressent !
La pratique narrative
Il s’agit d’une approche ouverte, initialement développée par des travailleurs sociaux et des thérapeutes, dont la figure la plus marquante est sans aucun doute Michael White, fondateur du Dulwich Centre of Adélaïde et de Narrative Practice Adélaïde, récemment disparu (décédé en avril 2008).
Développées en Australie et en Nouvelle-Zélande depuis une vingtaine d’années, les Pratiques narratives n’ont réellement fait leur apparition en France que depuis 2004.
Un groupe de praticiens narratifs et de professionnels de la relation d’aide qui utilisent les idées et les techniques narratives, fort d’une soixantaine de personnes (thérapeutes, consultants, coachs, travailleurs sociaux, psychologues, etc.) s’est développé depuis.
Contact
Courriel:
lys.pani@yahoo.fr
06 61 47 66 29
Le travail peut se faire:
-dans mon cabinet dans les Yvelines.
-à Paris
-ou par l'intermédiaire de Skype.
1/ Nos vies ne sont qu'histoires
Nos vies sont remplies d'une multitude d'histoires.
Ce sont elles qui donnent du sens à nos vies et c’est à partir d'elles que nous nous construisons une identité.
Ces narrations ( ou histoires) se sont construites dans un certain contexte, à travers le temps, en lien avec des personnes, et à partir d'une culture familiale, sociétale et religieuse.
Parmi elles, il y a de vrais contes de fée qui finissent bien : "j'ai passé 8 jours à la révision de mon examen, et j'ai eu la mention très bien".
Il y a de petites pièces dramatiques : "j'ai mal évalué le temps qu'il me fallait pour me rendre à mon entretien d'embauche et je suis arrivée en retard. Je suis nulle!!"
Il y a des drames en plusieurs actes : "j'ai fait ma première crise de panique, j'avais 17 ans et cela n'a fait qu'empirer. Je ne peux plus sortir de chez moi, je suis une loque!"
2/ Des histoires de plomb
Curieusement, ces histoires sont pour nous les plus dévalorisantes ou les plus lourdes à porter, celles dont nous avons le plus de mal à nous dépêtrer. Un peu comme si elles formaient en nous une seconde peau.
Nous les appelons "les histoires dominantes", lesquelles, de fait, vont avoir des conséquences sur notre vie, sur l'idée que nous avons de nous-même, ainsi que sur le regard que nous porte les autres :
- A sept ans, Sonia a des difficultés avec l'orthographe. Ses parents mais aussi ses frères et sœurs, lui mettent l'étiquette "nulle en orthographe comme la tante Agathe ". Trente ans après, Sonia n'ose toujours pas écrire la plus petite lettre.
- Harmel a raté un entretien d'embauche. Dix ans après, elle est toujours "celle qui est inorganisée et qui arrive toujours en retard".
- Jean est d'humeur sombre : il est diagnostiqué et étiqueté "dépressif" avec pour conséquences une perte totale de confiance en lui.
- Melina a des attaques de boulimie et elle se voit comme un être incapable de volonté ne méritant aucune considération.
3/ La passé est le passé
Ces histoires, une fois vécues, nous ne pouvons revenir dessus.
La seule chose que nous pouvons changer, c'est le regard que nous leur portons.
De plus, nous avons également le choix de ne plus nous identifier au : "tu es nulle en orthographe comme la tante Agathe" ou au : " je n'ai aucune volonté, je suis une moins que rien" !
4/ Attitude du praticien narratif
Lorsqu'une personne fait la démarche d'aller voir un thérapeute c'est que, entre autres raisons, ce qui est important pour elle est opprimé, ou bien encore, lorsqu'elle se sent non "conforme" ou en décalage par rapport à une "norme".
"Je n'ai ma place nulle part ".
Son histoire dominante (parfois plusieurs) participe à ce décalage. En effet, il n'est pas bon du tout, dans une société valorisant l'excellence, la compétition et l'esprit de challenge, d'apparaître comme quelqu'un qui ne sait pas se contrôler ou qui n'est pas combatif.
La posture du praticien narratif est avant tout d'accueillir "l'histoire du problème".
Il n'a pas de solution à proposer.
Il va donc d'emblée se mettre en position de "non expert" par rapport au problème que la personne apporte.
Son rôle est d'être simplement curieux et de poser des questions "appropriées" afin de l'accompagner sur le chemin de la dés-identification à cette histoire dominante, ou encore plus exactement, sur le chemin de la "dé-construction" de cette dernière.
5/ Deconstruire le drame et découvrir les contes de fée.
Déconstruire ne voulant pas dire casser mais déconstruire dans le sens de démonter, comme on démonte un mécanisme afin de faire apparaître que c’est seulement une construction, une histoire qu’elle se raconte et/ou qu’on lui a raconté.
A cette fin, dans un 1er temps, le praticien aidera la personne à voir son problème comme un objet séparé d'elle et non pas comme faisant partie d'elle.
En effet, le problème est le problème, la personne est la personne, et en aucun cas la personne est le problème.
- Melina ne dira plus : « Je suis boulimique », mais plutôt dans un langage imagé :
« La boulimie est un démon qui me harcèle et qui me veut que du mal".
L'autre posture du praticien est d'accompagner les uns et les autres dans la recherche des contes de fée qui viennent contredire les histoires dominantes :
- c'est ainsi qu'Harmel va se souvenir du jour où elle a reçu 10 personnes à dîner, qu'elle s'est parfaitement organisée et qu'elle était prête à l'heure.
- Que Sonia a écrit une lettre administrative pour son voisin qui ne parlait pas le français.
- Que Melina a résisté au démon de la boulimie alors qu'elle était en vacances avec ses petits neveux.
De nombreux contes de fée vont être découverts comme de véritables pépites, permettant ainsi à chacun, de se ré-identifier à quelque chose de plus valorisant, de plus glorieux.
Au fur et à mesure, "le démon de la boulimie" fait de plus en plus pâle figure, et le "tu es nulle en orthographe comme la tante Agathe" fait de moins en moins le poids !
Cela veut dire que petit à petit, le problème va se dissoudre, au bénéfice de l'histoire préférée, celle qui fait tellement plus de bien que l'histoire dominante!
6/ Et puis ?…
A cela s'ajoute la recherche des valeurs sur lesquelles chacun peut s'appuyer pour avancer dans la vie, un peu comme des boussoles ou des phares.
- Sonia découvre que les valeurs de solidarité et d'entraide lui permettent de se dépasser.
- Harmel se laisse volontiers guider par des valeurs de justice et de liberté.
- Jean est sensible au respect et à la fidélité.
Tous ces cheminements vont également leur permettre d'identifier les personnes qui ont joué un rôle dans leur vie, le rôle qu’eux-mêmes ont joué dans la leur, et à quel point ils leur sont attachés.
- Jean va tout à coup penser avec beaucoup d'émotions à sa grand-mère disparue, lorsqu'il comprendra qu’ils ont mutuellement contribué à leur histoire de vie.
- Harmel va comprendre de quelle manière son professeur de français l'a aidée à s'intégrer en France, et comment à son niveau, elle l'a valorisé en répondant à son soutien.
Pour finir, chacun prend conscience qu'il peut faire des choix en fonction de ce qu'il est et non pas en fonction d'une étiquette qui ne lui appartient pas.
Tout lui prouve qu'il a une capacité d'action, et qu'il peut s'appuyer sur les gens partageant les même valeurs que lui (son club de vie) la première étape ayant été de prendre position sur ce qu'il veut et ce qui est important dans sa vie.